En démocratie, un certain nombre d'hommes et de femmes se voient confiés la charge des affaires publiques pour le bien supposé de tous. Nos
représentants sont ainsi mandatés pour exercer leurs compétences, sur un implicite principe de confiance : peu de citoyens ont en effet reçu les formations nécessaires en sciences politiques, en géostratégie ou en économie, pour mesurer avec acuité les conséquences de tel ou tel choix. Ceci étant, la démocratie reste l'affaire de tous.
Le 25 avril dernier les blogs étaient à l'honneur au Sénat. Certains responsables politiques les ont déjà intégrés à leurs plans de communication (tout comme le chat). Dans le registre administratif, Adèle la mamie gouvernementale supervitaminée a tellement bien convaincu, que les serveurs de Bercy ont faillit ne pas suivre au moment de la déclaration des revenus 2004. En tout état de cause, les réseaux numériques et en particulier Internet, font désormais partie intégrante du paysage politique.
Pour autant, quand on se tourne vers le terrain des possibles offerts au citoyen, c'est l'aspect de praticité qui est mis en avant par les pouvoirs publics. Il occulte les possibilités de développement réel de participation des citoyens aux débats publics. Un des enjeux sous-jacents au projet Notre Constitution Point Net est ainsi de participer à un mouvement plus général, inscrivant dans la durée de nouveaux espaces publics numériques qui autorisent une forme supplémentaire de
participation citoyenne.
Au cours de la campagne sur le référendum, Notre Constitution Point Net se voulait être un outil pour aider les citoyens à décrypter le TCE. Pouvions-nous nous contenter de cette seule ponctualité ? Le sujet Européen oblige à réfléchir à un espace étendu de la gouvernance politique ; notre réflexion doit vraisemblablement s'étendre dans le temps, s'installer dans la durée, parce qu'il sera illusoire de forger ses opinions, et exercer en conscience ses prérogatives citoyennes, sans avoir laissé mûrir la réflexion.
L'utilisation d'un wiki s'inscrit ici dans cette perspective. Au-delà de la "simple" mise à disposition de l'Hypertexte de la Constitution, ainsi que des fonctionnalités de navigation additionnelles propre à cet outil, il peut s'agir d'expérimenter de nouvelles formes de participation et de débats collectifs, dans un espace public.
Des pratiques relationnelles et sociales similaires à celles qui régissent le "monde réel", animent la vie "en ligne" des communautés. Quelque soit l'outil utilisé, un wiki en particulier, cela suppose ainsi une pratique collective du débat d'idées, des réflexions partagées, le développement d'une compréhension mutuelle entre les membres, ou encore l'adoption d'une certaine transparence sur l'information.
En ce qui concerne la perception du facteur temporel sur les wikis, elle est de plusieurs ordres. Si l'outil permet de suivre à chaud les "dernières modifications" (à l'instar de fils d'informations événementiels, séquentiels) il reste avant tout un média "orienté documents" : ces derniers mûrissent avec le temps, plus ou moins rapidement, sans régularité éditoriale fixée a priori. Dans tous les cas, en rupture avec une appétence trop souvent de rigueur pour l'immédiateté et la consommation d'informations prêtes à l'emploi (dont la valeur semblaient bien faible, quand il s'agissait de répondre à la confusion croissante qui a présidé, voire résulté des débats publics sensés nous éclairer sur le sujet du référendum sur le TCE.)
A l'évidence, le sentiment de citoyenneté et la conscience politique sont fragiles. Comment les entretenir ? Le travail de réflexion permanent et collectif au sein de l'hyperdocument qu'est le wiki, ne se donnant pas pour objectif une production de contenus à brève échéance, pourrait peut-être favoriser l'apprentissage et la pratique d'une réflexion citoyenne collective durable, mieux distribuée et plus ouverte.
http://www.zip.com.au/~athornto//thesis2.htm
http://www.usemod.com/cgi-bin/mb.pl?ArticleWikiCoopération
Jon Lebkowsky, Extreme Democracy is a collection of writings by leading thinkers about the Internet's impact on media and politics. Authors include Joichi Ito, James F. Moore, Clay Shirky, Mitch Ratcliffe, Steven Johnson, Ken White, Valdis Krebs, Ross Mayfield, David Weinberger, danah boyd, Philip J. Windley, Ph.D., Jon Lebkowsky, Adam Greenfield, Britt Blaser, Aldon Hynes, and Adina Levin :
Extremedemocracy
http://dowire.org/wiki/Main_Page
http://www.publicus.net/articles/edemresources.html
http://www.personaldemocracy.com/
http://www.dmoz.org/Society/Politics/Campaigns_and_Elections/Electronic_Democracy/
http://www.opendemocracy.net/debates/article-8-85-772.jspLe poids potentiel des internautes dans le référendum :
Les 4,87% qui ont fait basculer le résultat le 29 mai vers le Non, représentaient environ 1.369.000 électeurs. Une enquête Médiamétrie de Février 2005 révèle que la France compte
24.58 millions d'internautes. Ce sont les personnes de plus de 11 ans.. Un autre chiffre : au dernier trimestre 2004, le nombre de foyers Français connectés à Internet est de 7.700.000 --Sébastien
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