article de Libération du 22 avril 2005, postée le 30 avril, minuit.Bonjour, je suis l'une des personnes à l'origine Notre Constitution Point Net.
Mes amis et moi vous remercions pour votre article du 22 avril qui a fortement contribué à faire connaître le service bénévole que nous proposons.
Grâce à l'aide de nouveaux contributeurs, nous avons accéléré les chantiers. C'est l'ensemble de la Constitution (Charte et annexes) qui est maintenant disponible en hypertexte (c'est le seul site qui propose cela à notre connaissance). Nous nous intéressons maintenant aux autres traités et documents auxquels se réfère le projet de Constitution ; un vrai maquis dans lequel nous doutons que beaucoup d'hommes politiques ou de juristes mêmes spécialisés puissent se repérer s'ils n'utilisent pas des moyens similaires à ceux que nous avons mis en oeuvre. Or il semble qu'ils n'en utilisent pas, en tous cas pas ceux que l'on croise à la télé, empêtrés dans leurs notes et leurs post-it !
Le fait que le texte n'ait été disponible sur la toile qu'au format PDF, impropre à la recherche rapide et aux liens hypertextes, aussi bien sur les sites officiels que sur ceux des formations politiques, mêmes les plus contestataires, est-il délibéré, ou bien le reflet d'une culture politique et technique dépassée ? Je ne sais ! Mais tout semblait préparer le débat sur la toile à sombrer dans la même confusion que celui qu'on observe sur les médias audiovisuels.
Heureusement, les internautes développent des nouvelles pratiques qui utilisent pleinement les possibilités de leur outil. Nous voyons là un espoir pour le renouvellement de la démocratie. De plus en plus de blogs investis dans le débat pointent vers les "liens profonds" associés à chacun des articles mis en place sur Notre Constitution Point Net. Cela leur permet de mener des enquêtes beaucoup plus rapidement et soutenir leurs arguments avec plus de force que cela soit dans le sens du OUI ou du NON. (nous avons mis sur le site un exemple intéressant d'enquête de ce type consacré à la "peine de mort").
Pour nous, la question est moins la question du OUI ou du NON (nous ne prendrons pas parti), que celle du processus politique d'élaboration, de communication et de partage des textes régissant la vie collective. En dépit de son projet théorique d'union et de rassemblement, le processus référendaire à l'oeuvre actuellement aboutira sans doute à couper mathématiquement la population en deux (50/50) comme l'avait prédit il y a trois siècles le Marquis de Condorcet (
FrWikiPedia:Condorcet). Le processus que nous tentons d'expérimenter à notre modeste échelle vise au contraire à associer le plus largement possible la population, ses représentants à la rédaction, à la lecture et au commentaire.
La culture naissante des internautes montre que cela sera possible dans l'avenir. Mais pour cette fois, nous ne sauverons, ni le monde, ni l'Europe, ni la Constitution...
Nous serions heureux que Libération, journal très investi dans la culture de l'Internet, puisse lui aussi transmettre ce message.
juste une précison, je ne tiens pas à ce que mon nom apparaisse si par bonheur un article citant Notre Constitution Point Net sortait dans la version papier de Libé, non pas je que n'assume pas, mais plutôt, vis à vis de mes petits camarades. Je n'ai pas un rôle plus important que le leur donc je ne veux pas apparaître comme la vedette de cette histoire. Merci d'avance
Dernière minute (le 2 mai 2005) : La commission européenne s'est réveillée (un peu) et a mis en ligne mercredi dernier une version HTML de la Constitution, malheureusement il ne s'agit pas d'une version vraiment hypertexte (liens et renvois d'articles à articles, etc. comme c'est le cas sur Notre Constitution Point Net).
Entre temps, un site norvégien de Bergen vient de le faire comme nous!
http://gandalf.aksis.uib.no/%7Ebrit/EU-CONST-FR-cc/index.html
Tiens bizarre, la Novège est elle dans l'Europe au fait?